"La lecture est une amitié" (Marcel Proust)

07 novembre 2011

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan

 

97827096357901

 

Rien ne s'oppose à la nuit, septième roman de Delphine de Vigan, et déjà couronné par deux prix littéraire, est une espèce d'autobiographie thérapeutique, où l'auteur tente de reconstituer son tissu familial.

 

Je connaissais déjà Delphine de Vigan avec son célèbre No et moi (adapté en film en 2010), mais aussi avec son (premier) livre sur l'anorexie, Jours sans faim. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je trouve que l'écriture de Mme de Vigan a nettement évolué depuis le début de sa carrière. En effet, dans Rien ne s'oppose à la nuit, les phrases sont clairement plus fluides et compréhensibles que Jours sans faim.

Cette écriture est donc au service du contenu, un peu risqué par ailleurs. La mère de la narratrice s'est suicidée en 2008, laissant Delphine de Vigan seule face à son avenir, et à ses souvenirs. Elle décrit et analyse – non sans brio – au fil des pages, chaque événement se rattachant à Lucile (sa mère défunte), ou presque. On se reconnaîtra tous à un moment donné dans le livre, et c'est réellement un livre poignant, au sens le plus étymologique du terme : les joies mises à part, les secrets enfouis font surface, et nous attrapent dans nos retranchements. C'est donc, ici, un exemple typique de ce que peut être l'écriture dite « thérapeutique ». C'est ainsi que la question de la légitimité d'écrire un roman sur ses souvenirs de famille entre en scène. Et Delphine de Vigan la retourne dans tous les sens, ne délaissant pas le faits que chaque famille possède ses propres secrets, plus ou moins bien gardés.

 

Par ailleurs, n'oublions pas la couverture, belle et mystérieuse à la fois, qui est un bon aperçu de ce que peut procurer ce roman. En effet, certaines choses non évoquées dans le roman, m'ont quelque peu manqué. Toutefois, la rentrée littéraire peut se targuer d'avoir dans ses rayonnages ce récit familial signé de Vigan. 

 

 

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05 octobre 2011

Supplément au voyage de Bougainville, Denis Diderot

 

9782080723000

 

Supplément au voyage de Bougainville est un conte philosophie paru en 1796 à titre posthume, et mettant en scène, entre autre, deux protagonistes, A et B, discutant à propos du voyage du navigateur Louis Antoine de Bougainville.

Ce livre étant très court, je n'ai pas mis beaucoup de temps à le lire. Je l'ai trouvé relativement bien écrit et la structure du récit est agréable. La discussion entre le tahitien Orou et l'aûmonier, très riche de sens, m'a vraiment passionnée, et je conseille chaudement à tout le monde de la lire. On y retrouve deux personnages et sociétés antithétiques, ce qui rend le récit prenant. Toutefois, on distingue clairement la critique de l'homme civilisé, opposé à l'homme naturel. Et cet éloge de la vie naturelle des tahitiens soulève ce problème du colonialisme que Diderot met bien en exergue. 

C'est donc un bon livre que Supplément au voyage de Bougainville. Riche de sens, court et clair, une oeuvre qu'il faut avoir lu ! (★★★★☆) 

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02 octobre 2011

Jayne Mansfield 1967, Simon Liberati

 

9782246771814

 

Dans ce livre, Simon Liberati nous dévoile le destin tragique d'une star hollywoodienne, Jayne Mansfield.

 

Tout d'abord, lorsque j'ai vu que ce livre était sélectionné pour le Renaudot et le Goncourt, je me suis dis : "Waouh, il doit être vraiment bien !" Et, déception, M. Liberati n'a pas su combler mes espoirs. J'ai trouvé ce livre à la limite de l'initéressant, et, pour dire vrai, il m'est un peu tombé des mains. La vie de cette actrice que je ne connaissais pas ne pas franchement emballé. Cependant, malgré le fond un peu soporifique (de mon point de vue bien évidemment), la forme m'a parue intéressante. Je m'explique. Simon Liberati a mené un véritable travail d'enquêteur que j'ai trouvé impressionnant. Les détails (notamment dans les deux premiers chapitres qui raconte la mort de J. Mansfield) sont saisissant de précisions, si bien que j'en suis même venu à penser que certains étaient issus de la pure imagination de l'auteur. Mais peu importe, j'ai été emporté sur les lieux de l'accident, et j'aurais presque voulu m'y rendre pour voir les photos dont il parle de mes propres yeux, les scènes qu'il décrit, etc. 

Et c'est la suite qui se gâte un peu, malgré une plume plutôt plaisante. Mais j'ai trouvé que ce roman ressemblait plutôt à une biographie (mais pas complètement non plus !). Au début, je me suis posé la question suivante : Pourquoi Jayne Mansfield ? Et au final, je me suis rendu à l'évidence : Pourquoi pas Jayne Mansfield ? Sa vie est, malgré tout, plutôt intéressante, et bien plus que certaines personnes, alors d'accord !

C'est donc avec un avis mi-figue, mi-raisin que je suis sorti de ce livre bien écrit et prenant au début, mais qui m'est tombé des mains par la suite. Je ne sais pas trop quoi pronostiquer pour les prix littéraires, mais, personnellement, je ne pense pas que Simon Liberati mérite une telle distinction (Goncourt ou Renaudot), vis-à-vis d'autres oeuvres de la rentre littéraire.

Jayne Mansfield 1967, Simon Liberati, Grasset, 16€ (★★★☆☆)

 

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25 septembre 2011

Gargantua, François Rabelais

 

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 Gargantua, publié en 1535, est empreint de l'époque humaniste qui influença clairement François Rabelais dans son oeuvre. Cette soif de connaissance et de véracité (entre autre) est parfaitement reproduite dans ce livre.

 

J'ai un avis assez double sur cette lecture. Alliant récit d'aventure, de chevalerie, mais également comédie, etc, la partie axée sur les débuts de la vie du géant Gargantua m'a parue plus significative de l'époque, et de la même manière, plus intrigante à lire. 

Le langage de Rabelais, bon vivant et paillard invétéré, est pour le moins osé et scatologique. J'en veux pour exemple des passages comme Ô la belle matière fécale qui devait boursoufler en son ventre !, J'ai la langue râpeuse ! etc. Bref, chez François Rabelais, on mange bien, on boit, bien, on s'amuse bien ! C'est sans aucun doute une lecture plaisir destinée en grande partie à faire rire le lecteur.  Cette naissance extraordinaire par l'oreille de sa mère après onze mois d'attente, et criant A boire ! A boire ! en est un exemple probant. C'est cette écriture expressive et grandiloquente qui m'a, non pas plu, mais amusé, intrigué. Et la suite, un peu plus "chevaleresque" et tournée vers les relations de combats, montre que le géant Gargantua n'est pas seulement un bon vivant, riant de tout et profitant des bonnes choses de la vie. C'est cette partie là qui m'a moins emballé, malgré le fait que le livre ne m'ai pas tombé des mains non plus.  

 

C'est ici un vrai classique qu'il faut avoir lu pour comprendre la situation de l'époque. En pleine Renaissance, Rabelais ouvre ici les portes d'un nouveau genre, qui amuse autant qu'il peut déranger, qui ennuie autant qu'il peut captiver. (★★★☆☆)

 

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16 septembre 2011

Les choses, Georges Perec

 

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Les choses, c'est l'histoire de Sylvie et Jérôme, couple de psychosociologues parisien, poursuivant sans cesse le bonheur. C'est un livre caractéristique des débuts de la société de consommation et empreint de divers thèmes aussi intéressants qu'intriguants que nous livre Georges Perec. 

 

J'ai une profonde admiration pour l'oeuvre de G. Perec, et Les choses a réellement confirmé cela. Sylvie et Jérôme sont l'archétype de l'éternel couple insatisfait, persuadé que pour être heureux, il faut amasser des choses. Fine observation d'une société moderne aux tendances matérialistes, l'auteur réussi à décrire parfaitement les désirs sans fin du couple (un peu comme le tonneau des Danaïdes), tout en épargnant de retranscrire les sentiments qu'ils éprouvent l'un pour l'autre.  C'est, en somme, un couple dénué de sentiments, mis à part pour ces choses qui annihilent notre morale et notre ego. Le couple parisien oscille entre désir et frustration, déménagement et tristesse, et on comprend très bien que c'est un puits sans fond. Chacun d'entre nous se reconnaître forcément plus ou moins dans cette oeuvre foncièrement inclassable et contemporaine que nous a livré Georges Perec. (★★★★☆)


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14 septembre 2011

Un petit point sur quelques prix littéraires

 

Les sélections de quelques prix littéraires (liste non exhaustive), parmi les nombreux existants :

 

Le prix de Flore :

Crée par Frédéric Beigbeder, il récompense un "jeune auteur au talent prometteur" :

- Julien Blanc-Gras, "Touriste" (Au Diable Vauvert)

- Marien Defalvard, "Du temps qu'on existait" (Grasset)

- Alain Guyard, "La zonzon" (Le Dilettante)

- Stéphane Hoffmann, "Les autos tamponneuses" (Albin Michel)

- Titiou Lecoq, "Les Morues" (Au diable Vauvert)

- Patrice Lelorain, "Revenants" (La Table Ronde)

- Jérôme Leroy, "Le bloc" (Gallimard, "Série Noire")

- Edouard Limonov, "Journal d'un raté" (Albin Michel)

- Olivier Maulin, "Les lumières du ciel" (Balland)

- Vanessa Schneider, "Le pacte des vierges" (Stock).

 

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Le prix Médicis 2010

Le prix Médicis :

Fondé en 1958 par Gala Barbisan et Jean-Pierre Giraudoux, il vise à récompenser un auteur dont le talent n'est pas reconnu tel qu'il devraît l'être :

 

[Littérature française]

- Charles Dantzig : "Dans un avion pour Caracas" (Grasset)

- Alain Jaubert : "Tableaux noirs" (Gallimard)

- Carole Martinez : "Du domaine des murmures" (Gallimard)

- Alexis Jenni : "L'Art français de la guerre" (Gallimard)

- Stéphane Corvisier : "Reine de nuit" (Grasset)

- Mathieu Lindon : "Ce qu'aimer veut dire" (P.O.L)

- Dalibor Frioux : "Brut" (Seuil)

- Patrick Deville : "Kampuchéa" (Seuil)

- Delphine de Vigan : "Rien ne s'oppose à la nuit" (JC Lattès)

- Brigitte Giraud : "Pas d'inquiétude ("Stock")

- Christine Montalbetti : "L'évaporation de l'oncle" (P.O.L)

- Gilles Rozier : "D'un pays sans amour" (Grasset)

- Lydie Salvayre : "Hymne" (Seuil)

- Véronique Bizot : "Un avenir" (Actes Sud)

- Xabi Molia : "Avant de disparaître" (Seuil)

 

[Littérature étrangère]

- Alessandro Piperno : "Persécution" (Liana Levi)

- Marco Lodoli : "Les Prétendants" (P.O.L)

- David Grossman : "Une femme fuyant l'annonce" (Seuil)

- Jonathan Franzen : "Freedom" (L'Olivier)

- Eleanor Catton : "La répétition" (Denoël)

- Ferdinand Von Schirach : "Crimes" (Gallimard)

- Peter Manseau : "Chansons pour la fille du boucher" (Bourgois)

- Elena Rjevskaïa : "Carnets de l'interprète de guerre" (Bourgois)

- Steve Sem-Sandberg : "Les Dépossédés" (Laffont)

- Joseph O'Connor : "Muse" (Phébus)

- Jens Christian Grondahl : "Quatre jours en mars" (Gallimard)

 

[Essais]

- Laure Murat : "L'homme qui se prenait pour Napoléon" (Gallimard)

- Jean-Christophe Bailly : "Le dépaysement" (Seuil)

- Belinda Cannone : "Le baiser peut-être" (Alma)

- Shumona Sinha : "Assommons les pauvres!" (L'Olivier)

- Sylvain Tesson : "Dans les forêts de Sibérie" (Gallimard)

- Emmanuel Todd : "L'origine des systèmes familiaux" (Gallimard)

- Michka Assayas : "Faute d'identité" (Grasset)

 

(La prochaine sélection pour ce prix aura lieu le 10 octobre)

 

 

Le prix Renaudot :

Créé en 1926 par dix journalistes et critiques littéraires, il est décerné après avoir prit connaissance des réulstats du prix Goncourt :

[Romans]

Emmanuel Carrère "Limonov" (P.O.L)

- Marien Defalvard "Du temps qu'on existait" (Grasset)

- Patrick Deville "Kampuchéa" (Seuil)

- Colette Fellous "Un amour de frère" (Gallimard)

- Dalibor Frioux "Brut" (Seuil)

- Alexis Jenni "L'Art français de la guerre" (Gallimard)

- Simon Libérati "Jayne Mansfield 1967" (Grasset)

- Gilles Martin-Chauffier "Paris en temps de paix" (Grasset)

- Carole Martinez "Du Domaine des Murmures" (Gallimard)

- Eric Reinhardt "Le Système Victoria" (Stock)

- Jean Rolin "Le ravissement de Britney Spears" (P.O.L)

- Shumona Sinha "Assomons les pauvres !" (L'Olivier)

- Morgan Sportès "Tout, tout de suite" (Fayard)

- Anne-Sophie Stefanini "Vers la mer" (JC Lattès)

- Delphine de Vigan "Rien ne s'oppose à la nuit" (JC Lattès)

 

[Essais]

- Michka Assayas "Faute d'identité" (Grasset)

- Michel Crépu "Le souvenir du monde: essai sur Chateaubriand" (Grasset)

- Claude Durand "Agent de Soljénitsyne" (Fayard)

- Gérard Guégan "Fontenoy ne reviendra plus" (Stock)

- Marie Lebey "Oublier Modiano" (Léo Scheer)

- Laure Murat "L'homme qui se prenait pour Napoléon" (Gallimard)

- Pierre Nora "Historien public" (Gallimard)

- Sylvain Tesson "Dans les forêts de Sibérie" (Gallimard)

 

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Les dix membres de l'Académie Goncourt

Le prix Goncourt :

Ce prix est l'un des plus prestigieux, et récompense un ouvrage français après 3 préselection. Il a été crée en 1896, d'après le testament d'Edmond de Goncourt :

- Stéphane Audeguy, "Rom@" (Gallimard)
- Emmanuel Carrère, "Limonov" (P.O.L)
- Sorj Chalandon, "Retour à Killybegs" (Grasset)
- Charles Dantzig, "Dans un avion pour Caracas" (Grasset)
- David Foenkinos, "Les souvenirs" (Gallimard)
- Alexis Jenni, "L'Art français de la guerre" (Gallimard) (son premier roman)
- Simon Libérati, "Jayne Mansfield 1967" (Grasset)
- Ali Magoudi, "Un sujet français" (Albin Michel)
- Carole Martinez, "Du Domaine des Murmures" (Gallimard)
- Véronique Ovaldé, "Des vies d'oiseaux" (L'Olivier)
- Eric Reinhardt, "Le Système Victoria" (Stock)
- Romain Slocombe, "Monsieur le Commandant" (Nil)
- Morgan Sportès, "Tout, tout de suite" (Fayard)
- Lyonel Trouillot, "La belle amour humaine" (Actes Sud)
- Delphine de Vigan, "Rien ne s'oppose à la nuit" (JC Lattès)

 

(Sources : AFP et Le Monde)

 

L'actualité littéraire en bref #2

 

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Michel Houellebecq


- Michel Houellebecq ne s'est présenté ni en Belgique, ni aux Pays-Bas, où il était attendu pour la parution en néerlandais de La carte et le territoire. L'auteur n'est pas coutumier de ce genre de bévue, ce qui a amenée la presse belge à s'interroger sur sa disparition. De plus, M. Houellebecq n'aurait pas répondu à ses mails depuis le mois de juin. Affaire à suivre...

- Les éditions Flammarion, Albin Michel et Gallimard ont abandonné leur plainte contre Google déposée en mai dernier. Le moteur de recherche avait en effet numérisé des ouvrages sans autorisation préalable, et aurait encouru un dommagement de 9 millions d'euros.

- Dans son ouvrage Fragments d'une femme perdue (paru en 2009), Patrick Poivre d'Arvor aurait retranscrit le récit au jour le jour de sa relation avec Agathe Borne, une femme avec qui il a partagé deux ans de sa vie, ainsi que des lettres d'amour. C'est en tout cas ce que le tribunal de grande instance de Paris a décidé. PPDA se voit donc devoir verser 33 000 euros à son ex-compagne.

 

(Sources : Jean-Marc Morandini, Lire et Le Magazine littéraire)

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Clèves, Marie Darrieusecq

 

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Clèves est le récit d'une jeune fille découvrant la puberté au fil du temps (et du livre, divisé en trois parties explicites : "Les avoir", "Le faire", et "Le refaire"). Marie Darrieusecq a ici choisi d'avoir une relation clairement frontale avec le sexe, ce qui en laissera certains - à juste titre - dubitatifs.

Huit jours pour lire un livre, je sais, ça fit beaucoup par rapport au précédents billets; Mais en plus du manque de temps, je n'ai pas réellement été captivé par ce livre à ne pas laisser entre toutes les mains.

Clèves raconte l'histoire de Solange, habitant un petit village du XVIIIème siècle (Clèves), et bénéficiant de ses premières expériences avec la sexualité, à commencer par les règles ("Les avoir"). Le livre monte crescendo dans les détails, pour finir par des phrases marquantes/choquantes/amusantes/dégoûtantes/aberrantes (chacun y verra ce qu'il veut) : Il a un peu de caca sur le bout du zizi. Bref, Marie Darrieusecq n'a pas peur de faire scandale. C'était d'ailleurs peut-être son objectif en écrivant ce roman... 

Clèves, c'est donc 345 pages de sexe, entrecoupées de bribes de vie, dont je n'ai d'ailleurs pas tout compris. Est-ce dû au fait que j'ai mis du temps pour le lire, ou que je n'ai pas accroché ? Quoi qu'il en soit, j'ai l'impression de l'avoir survolé, et de ne pas avoir tout compris dans les relations entre les protagonistes, etc. 

L'écriture était donc assez crue et "réaliste" (au sens houellebecquien du terme), et je dois avouer que, malgré le fait que je sois assez client de ce style de plume, j'ai trouvé celle de M. Darrieusecq un peu trop vulgaire.

Marie Darrieusecq nous livre donc ici un livre sans tabous, ponctué de descriptions plus ou moins vulgaires, et plongeant le lecteur dans les abîmes de la sexualité. La sexualité de Solange, petite fille fraîche, dont l'image change nettement au fil du roman. 

Clèves, Marie Darrieussecq, P.O.L, 19€ (★★☆☆☆)

 

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06 septembre 2011

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson

 

Sylvain Tesson, écrivain et voyageur, raconte dans ce livre son aventure près du lac Baïkal (Sibérie), où il a vécu en ermitage pendant six mois. Un ouvrage différent de ses autres car ici, aucun (ou presque) périple n'est décrit.

 

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 Je suis vraiment déçu. Déçu d'être déçu. J'avais déjà lu quelques ouvrages de Sylvain Tesson, et à chaque fois, j'avais été emballé. Emballé notamment grâce à la découverte des paysages, de mondes et de gens différents. Mais pour celui-ci, ou l'auteur raconte ses six mois de sédentarité sur les rives d'un lac, le courant n'est pas, mais vraiment pas passé. J'en veux pour preuve que je n'ai pas réussi à terminer le livre, d'où mon "retard" pour publié ce billet. Je me suis obstiné à vouloir rentrer dedans, je le voulais vraiment, mais rien à faire. 

Pourtant, l'écriture en elle-même ne pas particulièrement déplu, et la trame du livre non plus. Sylvain Tesson a ici été contraint de décrire son environnement, ses activités, plutôt que de retranscrire des péripéties ubuesques, ce qui rend le livre poétique et véritable, mais un peu lassant de mon point de vue. Je ne sais d'ailleurs pas si c'est dû à cette monotonie (qui ne me dérange pas du tout d'habitude). Toutefois, je comprends parfaitement que Sylvain Tesson ai voulu faire partager son expérience dans ce livre, qui reste donc tout à fait légitime. 

 

Dans les forêts de Sibérie, Sylvain Tesson, Gallimard, 17,90€ (★★☆☆☆)  

 

Extraits :

Au réveil, mes journées se dressent, vierges, désireuses, offertes en pages blanches. Et j'en ai par dizaines en réserve dans mon magasin. Chaque seconde d'entre elle m'appartient. Je suis libre d'en disposer comme je l'entends, d'en faire des chapitres de lumière, de sommeil, ou de mélancolie. Personne ne peut altérer le cours de pareille existence. Ces jours sont des êtres d'argile àmodeler. Je suis le maître d'une ménagerie abstraite.  

 

    Il fait -33°. Le camion s'est donu à la brume. Le silence descend du ciel sous forme de petits copeaux blancs. Etre seul, c'est entendre le silence. Une rafale. La grésil brouille la vue. Je pousse un hurlement. J'écarte les bras, tends mon visage au vide glacé et rentre au chaud. 

    J'ai atteint le débarcadère de ma vie.

    Je vais enfin savoir si j'ai une vie intérieure.  

 

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02 septembre 2011

L'amour dure trois ans, Frédéric Beigbeder

 

L'amour dure trois ans est un roman publié en 1997, et d'inspiration clairement autobiographique. J'ai choisi de lire ce livre, en vue de sa sortie dans les salles de cinéma le 18 janvier prochain. Et que les choses soient claires d'entrée, les déboires amoureux de Marc Marronnier m'ont profondément ennuyés !
 

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J'avais déjà lu Vacances dans le coma, et je n'avais pas vraiment été emballé. L'amour dure trois ans a confirmé mon impression sur Beigbeder, même si j'ai envie de lui donner une troisième chance. En effet, j'aime assez ce style parfois insicif et aidé par la ponctuation. 


Ce livre, éponge à émotions frôlant le journal intime, m'a considérablement agacé. Je vous prie de m'excuser, les écrivains sont des gens plaintifs, j'espère ne pas trop vous ennuyer avec ma douleur. (à cette phrase recopiée dans le livre, j'ai envie de répondre : Oui M. Beigbeder, mais il y a un juste milieu) J'ai clairement eu l'impression d'avoir affaire à un Houellebecq, mais à l'étage inférieur. Certes, l'écriture est insicive, mais elle est associée à un fond frôlant le pathos et le cliché : Je vais au restaurant pour ne rien manger. Les maîtres d'hôtel sont vexés que je ne touche pas à leur assiettes. Mais vous en connaissez beaucoup, vous, des morts qui finissent leur plat de résistance en se pourléchant les babines ?  


 On ne peut néanmoins pas reprocher à M. Beigbeder d'avoir donné un titre dépourvu de sens à son ouvrage, car ce même titre est repris sans cesse dans le livre, comme plusieurs autres termes, ce qui a eu le don de m'ennuyer un peu. De plus, j'ai eu cette impression déroutante qu'au fil des pages, une même chose était retranscrite plusieurs fois sous une forme différente. 


C'est en conclusion un livre dépourvu de réel intérêt qu'il m'a semblé avoir lu. Une espèce de thérapie amoureuse, où Beigbeder s'épanche sur 194 pages, à propos de sa relation face à l'amour. J'ai, malgré cela, envie de lui donner une autre chance, et si vous avez un titre à me conseiller, n'hésitez pas ! (★★☆☆☆)

 

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