07 novembre 2011

Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan

 

97827096357901

 

Rien ne s'oppose à la nuit, septième roman de Delphine de Vigan, et déjà couronné par deux prix littéraire, est une espèce d'autobiographie thérapeutique, où l'auteur tente de reconstituer son tissu familial.

 

Je connaissais déjà Delphine de Vigan avec son célèbre No et moi (adapté en film en 2010), mais aussi avec son (premier) livre sur l'anorexie, Jours sans faim. Et le moins que l'on puisse dire, c'est que je trouve que l'écriture de Mme de Vigan a nettement évolué depuis le début de sa carrière. En effet, dans Rien ne s'oppose à la nuit, les phrases sont clairement plus fluides et compréhensibles que Jours sans faim.

Cette écriture est donc au service du contenu, un peu risqué par ailleurs. La mère de la narratrice s'est suicidée en 2008, laissant Delphine de Vigan seule face à son avenir, et à ses souvenirs. Elle décrit et analyse – non sans brio – au fil des pages, chaque événement se rattachant à Lucile (sa mère défunte), ou presque. On se reconnaîtra tous à un moment donné dans le livre, et c'est réellement un livre poignant, au sens le plus étymologique du terme : les joies mises à part, les secrets enfouis font surface, et nous attrapent dans nos retranchements. C'est donc, ici, un exemple typique de ce que peut être l'écriture dite « thérapeutique ». C'est ainsi que la question de la légitimité d'écrire un roman sur ses souvenirs de famille entre en scène. Et Delphine de Vigan la retourne dans tous les sens, ne délaissant pas le faits que chaque famille possède ses propres secrets, plus ou moins bien gardés.

 

Par ailleurs, n'oublions pas la couverture, belle et mystérieuse à la fois, qui est un bon aperçu de ce que peut procurer ce roman. En effet, certaines choses non évoquées dans le roman, m'ont quelque peu manqué. Toutefois, la rentrée littéraire peut se targuer d'avoir dans ses rayonnages ce récit familial signé de Vigan. 

 

 

Posté par Lencreacoule à 21:28 - - Commentaires [6] - Permalien [#]
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Commentaires sur Rien ne s'oppose à la nuit, Delphine de Vigan

    les choses qui t'ont manqué:veux-tu parler du fait qu'elle n'ait pas voulu parler de la vie sexuelle et intime de sa mère? en tout cas un joli billet!

    Posté par sophie57, 07 novembre 2011 à 21:52 | | Répondre
  • J'ai prêté le livre, je ne peux donc pas vérifier mais il me semble que la photo est celle de sa mère. Tu insistes sur les progrès qu'elle a faits depuis ses débuts et concernant une jeune écrivaine, tu as raison de souligner ce fait; elle se renouvelle, s'améliore, pour notre plus grand plaisir!

    Posté par pichenette, 07 novembre 2011 à 22:43 | | Répondre
  • oui Pichenette il s'agit de sa mère.

    Posté par sophie57, 07 novembre 2011 à 22:58 | | Répondre
  • @ Sophie : En effet, je parle de cela, et également de la vie de couple de ses parents qui n'est pas évoquée en profondeur (selon mes souvenirs).

    @ Pichenette : Oui, il s'agit bien de sa mère sur la couverture

    Posté par Lencreacoule, 07 novembre 2011 à 23:03 | | Répondre
  • Très bel article, et très beau livre également

    Posté par Baptiste, 08 novembre 2011 à 20:41 | | Répondre
  • Bon article Ca fait plaisir de te revoir prendre du service

    Posté par Marc, 08 novembre 2011 à 21:03 | | Répondre
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