05 octobre 2011
Supplément au voyage de Bougainville, Denis Diderot
Supplément au voyage de Bougainville est un conte philosophie paru en 1796 à titre posthume, et mettant en scène, entre autre, deux protagonistes, A et B, discutant à propos du voyage du navigateur Louis Antoine de Bougainville.
Ce livre étant très court, je n'ai pas mis beaucoup de temps à le lire. Je l'ai trouvé relativement bien écrit et la structure du récit est agréable. La discussion entre le tahitien Orou et l'aûmonier, très riche de sens, m'a vraiment passionnée, et je conseille chaudement à tout le monde de la lire. On y retrouve deux personnages et sociétés antithétiques, ce qui rend le récit prenant. Toutefois, on distingue clairement la critique de l'homme civilisé, opposé à l'homme naturel. Et cet éloge de la vie naturelle des tahitiens soulève ce problème du colonialisme que Diderot met bien en exergue.
C'est donc un bon livre que Supplément au voyage de Bougainville. Riche de sens, court et clair, une oeuvre qu'il faut avoir lu ! (★★★★☆)
28 août 2011
La Colonie, Marivaux
La Comédie est, comme son nom l'indique, une comédie sociale et philosophique d'un acte et de 18 scènes, publiée en 1750. Marivaux y décrit une guerre des sexes à savoir qui aura le plus de pouvoir sur l'autre. Un thème fondamentalement novateur pour l'époque, et encore ancré dans les moeurs actuels.
"[...] donnons-nous la main, unissons-nous et n'ayons qu'un même esprit", telle est le point de départ - donné par une femme - de cette pièce. Sur cette île où va se dérouler un scénario aussi cocasse que dans l'air du temps, les femmes décident de s'unir pour fonder des lois à la place des hommes. Bien évidemment, il n'en est rien pour ceux-ci qui s'indignerons face à ce comportement déplacé.
De plus, certains esprits, comme la jeune Lina (figure actuelle de l'adolescente encore bancale dans ses décisions) ne sauront quoi penser face à tout ce militantisme, ce qui confirme le potentiel comique de cette pièce. En effet, dans la scène 15, après une réplique digne d'un grand orateur à l'encontre des hommes, Madame Sorbin demande son avis à Lina concernant la situation, et celle-ci de répondre :
LINA
[...] votre avis est encore que l'amour n'est plus qu'un sot.
MADAME SORBIN
Ce n'est pas mon avis qu'on vous demande, c'est le vôtre.
LINA
Hélas ! le mien serait d'emmener mon amant et son amour avec nous.
La Colonie est donc une pièce aux aspects subversifs mais terriblement moderne sur la libération des femmes, malgré une conclusion en règle avec les codes de l'époque, et qui restera dans le palmarès de Marivaux. (★★★★☆)


